Le bonheur est dans le potager

L’utilité d’un potager collectif et solidaire

Publié le mardi 31 juillet 2012

Trouver son bonheur, prendre du plaisir

À la fin de l’hiver, il me vient toujours la même envie : « chipoter » dans la terre. Et dès les premiers soleils, je retrouve ces sensations : préparer le sol, étendre le compost…ressentir les premières courbatures qui rappellent le manque de sport. Et chaque année, c’est le même rituel : le jardinier attend, observe la germination des premiers semis. La magie ancestrale connue par l’homme depuis la découverte de l’agriculture est chaque année retrouvée. En été, ce sera le plaisir de la récolte : manger les framboises sur place, écosser les petits pois (travail lent et répétitif qui aide à réfléchir), cueillir les courgettes, déguster les tomates avec quelques feuilles de basilic… Le bonheur, c’est tout petit comme ça !

Bio diversifier son potager

Cultiver un lopin de terre c’est se montrer responsable d’un bout de planète. Sur cette parcelle de terre, avec un peu de patience et beaucoup de respect, le jardinier pourra rencontrer la vie sauvage. En leur laissant un peu de place, les « mauvaises herbes » se transformeront en amies utiles : on réalisera du purin d’orties ou de consoudes pour nourrir les tomates,… En se montrant accueillant envers elles, nos amies les bêtes viendront nous rendre de petits services : les coccinelles dévorent les pucerons, les crapauds mangent quelques limaces, les hérissons rejoignent le festin,… Si le monde sauvage vous rend visite, c’est que vous êtes dans le bon : votre potager est sain et équilibré !

Parler avec ses voisins

Quand je sors au potager, je ne sais jamais quand je vais rentrer. Il suffit de faire une rencontre et c’est parti pour un brin de causette… Le potager permet les rencontres entre voisins et entre les générations. À l’entrée du potager, je vais rencontrer Robert, routier retraité et passionné par le potager bio. Il va me parler de « tétons de vénus », de « cœurs de bœuf », de « Saint-Vincent », les variétés de tomates il les connaît sur le bout des ongles ! Nous allons parler du manque de soleil, de l’excès de pluie, de l’orage dévastateur, des nouvelles techniques que nous essayons,… Il y a quelques années, j’avais encore la chance de rencontrer Monsieur Victor. Un Tidjeu, qui, à plus de 80 ans, cultivait encore 50m² de potager sans engrais ni pesticide. Il m’expliquait qu’il ne travaillait plus comme avant, il ne venait plus que par tranches d’une demi-heure et son épouse me disait qu’il voulait en faire de trop ! Dans un potager, on ne récolte pas uniquement des légumes…on récolte aussi de l’Humanité !

Un écolo dans le potager

Cultiver un potager est un geste écologique fort. Composter les déchets de cuisine réduit le volume de votre poubelle. Manger vos propres légumes évite d’en transporter d’autres par avion puis par camion jusqu’au magasin. En laissant de la place à la faune et à la flore sauvage, vous contribuez au maintien de la biodiversité.

Potager et pouvoir d’achat

Mon père m’a souvent raconté que c’est le potager de ma grand-mère Blanche qui avait nourri toute la famille durant la guerre. Que c’était ce potager et un petit élevage de poules et de lapins qui avaient permis de ne manquer de rien. Je ne peux m’empêcher de faire le lien avec l’époque difficile que nous traversons. À l’heure où le pouvoir d’achat est un problème majeur pour beaucoup de famille, le potager permet l’accès à des produits de première qualité à des prix vraiment avantageux. Certaines villes, certaines communes mettent des terrains à la disposition de groupements de jardiniers. Ces terrains deviennent des lieux de rencontres solidaires et citoyennes. On peut s’y échanger les surplus de récoltes, les idées,…

Transmettre

Certains pensent que cultiver un potager est un travail difficile, que c’est réservé aux connaisseurs mais tout le monde a commencé un jour… Le plus dure c’est de commencer ! C’est au début qu’on a besoin d’aide et de conseils. L’aménagement d’un potager collectif et solidaire permettrait de faire les premiers pas.

Olivier Salmon

Contact : famillesalmon@skynet.be

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